Interpellation concernant l’accueil prochain de la société BPOST dans certains sites du Port de Bruxelles

Interpellation de Monsieur Gaëtan VAN GOIDSENHOVEN, Député, adressée à M. Rudi VERVOORT, Ministre-Président du Gouvernement de la Région de Bruxelles-Capitale, chargé des Pouvoirs locaux, du Développement territorial, de la Politique de la Ville, des Monuments et Sites, des Affaires étudiantes, du Tourisme, de la Recherche scientifique et de la Propreté publique,

concernant « l’accueil prochain de la société bpost dans certains sites du Port de Bruxelles ».

M. Gaëtan Van Goidsenhoven (MR).- Selon le classement Trends Top 2015, publié en décembre 2014, bpost restait, avec 25.306 travailleurs, le plus gros employeur de notre pays, et ce malgré la suppression de plus d’un millier d’emplois. S’intéresser aux implantations de cette société majeure dans le paysage belge me semble donc fondamental et justifié.

C’est dans ce contexte que j’ai pu prendre connaissance du fait que les procédures urbanistiques relatives à la construction à Neder d’un vaste bâtiment pour bpost, déployant plus de 60.000m² de surface au sol, semblent avancer. Il s’agit là de la mise en œuvre d’une décision du précédent gouvernement visant à accueillir sur l’ex-site de Carcoke un nouveau centre de tri.

Pour rappel, il s’agit d’un terrain de plus de dix hectares qui était, à l’origine, l’un des plus pollués de Bruxelles et dont nous avons assumé la dépollution.

En 2014, le gouvernement a conclu un accord avec bpost pour que cette société y établisse au plus vite le nouveau Bruxelles X, qui devrait être le plus grand du pays. La totalité du tri des paquets, la moitié du tri national et la préparation de la majeure partie de la distribution pour le Brabant flamand et Bruxelles y seront, semble-t-il, effectués.

En passant, les autorités annonçaient la création de 800 emplois à cet endroit et plus de 700 emplois transférés depuis l’actuel centre de tri Bruxelles X. Voilà qui n’est pas neutre en termes d’enjeux pour nos concitoyens.

Mon interpellation vise à ce que les membres de cette commission perçoivent mieux l’état d’avancement réel de ce dossier.

Pouvez-vous nous fournir davantage de précisions quant à l’état d’avancement actuel des procédures urbanistiques dans le cadre de cet important dossier ? Plus précisément, quels investissements dans l’espace public l’autorité régionale s’est-elle engagée à mettre en œuvre afin de permettre un accès aisé au futur site de bpost ? Dans ce contexte, l’impact du charroi sur tout le quartier est-il déjà évalué par vos services, dont je suppose qu’ils suivent le dossier de très près ?

Qu’en est-il des délais d’installation de bpost sur ce vaste site ?

En matière d’emploi, quelles démarches concrètes sont-elles entreprises pour garantir sur ce site un maximum de recrutement au bénéfice des Bruxellois ? Quels sont vos objectifs chiffrés ? Participez-vous, par exemple via votre cabinet, à des réunions de travail incluant bpost, le Port de Bruxelles et Actiris à propos de cette problématique ?

J’en viens à l’autre projet majeur de bpost en Région bruxelloise : le centre TIR. En effet, il me revient – mais je vous demande de me confirmer le cas échéant cette information – que des surfaces importantes seraient, depuis peu, mises en concession par le Port au bénéfice de bpost. Quelles sont les activités prévues à cet endroit ?

Plus fondamentalement, je suppose que le développement des activités de bpost au centre TIR s’accompagnera de la création de nouveaux emplois. Quels sont les chiffres actuellement en votre possession à cet égard ?

Le quartier du centre TIR est déjà soumis, lui aussi, à une très forte pression automobile (voitures et camions). Il y a quelques années, cette quasi saturation avait d’ailleurs motivé l’opposition virulente des riverains au fameux projet du Brussels International Logistic Center (BILC). Depuis, le quartier s’est encore davantage urbanisé. C’est la raison pour laquelle nous devons encore redoubler d’attention afin d’offrir une qualité de vie optimale à tous ces nouveaux habitants et aux usagers du quartier.

Dans ce contexte, le développement des activités de bpost au centre TIR suscite des interrogations voire un certain nombre de craintes. Quelles sont (ou seront) les retombées en termes de trafic de camions dans ce quartier ? Je rappelle à cet égard l’annonce du gouvernement au printemps 2013 de faire place au centre TIR à un projet pilote de centre de distribution urbaine. Le Port de Bruxelles travaille à ce projet en collaboration avec Bruxelles Mobilité. Il s’agit en l’espèce d’une plate-forme de distribution urbaine durable, lancée avec le soutien européen. Elle mettra à disposition des clients du centre TIR des véhicules électriques ou non polluants.

J’ose espérer que bpost s’inscrit et s’inscrira pleinement dans cette dynamique, tant au centre TIR que sur le site de Carcoke. 

[Intervention de M. Mohamed Azzouzi]

M. Rudi Vervoort, ministre-président.- Quel est l’état de la procédure du centre de tri bpost sur l’ancien site de Carcoke ?

En décembre 2013, Katoen Natie, pour le compte de bpost, a introduit une demande de permis pour la construction d’un centre de tri pour le courrier et les colis. L’étude d’incidences, réalisée au cours de l’année 2014, a été suivie d’une enquête publique qui s’est déroulée du 18 décembre 2014 au 16 janvier 2015. La Commission de concertation s’est tenue le 28 janvier dernier et a émis un avis favorable conditionnel tant pour le permis d’urbanisme que pour le permis d’environnement. Par conséquent, les permis devraient être délivrés avant la fin du mois de juin. Le calendrier initialement prévu est donc respecté.

Les surfaces concédées à bpost depuis novembre seront dédiées à un centre de distribution (« mailing centre ») régional pour les communes de Laeken et Koekelberg. La venue de bpost apportera au minimum une centaine d’emplois ETP sur le site TIR, soit environ 150 travailleurs avec un potentiel de 50 emplois supplémentaires. Il s’agira en partie de transferts d’autres bureaux (Laeken, Koekelberg), mais aussi de nouveaux emplois. Je ne puis vous dire aujourd’hui s’il existe une convention avec Actiris, comme cela s’est fait dans le cadre du projet Neo.

En termes de chiffre d’affaires annuel, le contrat de bpost, à surface équivalente, augmente d’environ 150.000 euros les recettes annuelles, et ce compte tenu de l’application de la grille tarifaire. Les clients historiques du port bénéficient encore de tarifs obsolètes que le Port de Bruxelles remplace et améliore progressivement lors des renouvellements de contrats. Nous sommes dans une zone de Bruxelles où l’incidence foncière est en train d’augmenter. Il semble clair que la zone qui entoure la zone du canal est candidate à des phénomènes de spéculation immobilière si nous n’accompagnons pas ces développements.

L’activité de bpost ne générera pas de nuisances supplémentaires en termes de mobilité : les véhicules utilisés pour la distribution du courrier local sont de petits véhicules alors que l’occupant précédent utilisait plutôt des semi-remorques.

Les activités prévues par bpost rencontrent les objectifs du Port, tels que prévus dans le contrat de gestion 2013-2018, relatifs à la mission de facilitateur logistique agissant pour développer la distribution urbaine puisque le centre TIR est destiné à accueillir davantage ce type d’activités.

La dimension logistique n’est que l’une de celles qui figurent au cœur du contrat de gestion. Il est clair que la logistique est sous-utilisée dans cette zone, notamment via la voie d’eau. Le gouvernement veut aller à terme dans cette direction : Schaerbeek-Formation et une série de centres logistiques décentralisés font partie aussi du futur de l’activité économique autour de cette zone.

M. Gaëtan Van Goidsenhoven (MR).- Je prends bonne note des éléments que vous nous avez communiqués. J’entends que le projet de centre TIR s’intègre dans celui de centre de distribution urbain.

Quel sera l’impact en termes d’emploi du projet envisagé à Neder-over-Heembeek sur un terrain d’environ 10 hectares ?

M. Rudi Vervoort, ministre-président.- Il concernera 150 travailleurs, avec un potentiel supplémentaire de 50 emplois à moyen terme.

M. Gaëtan Van Goidsenhoven (MR).- L’accord entre bpost et le gouvernement prévoyait la création rapide d’un nouveau centre de tri. À l’époque, le chiffre de 800 emplois créés avait été évoqué, en plus des 700 transférés depuis l’actuel centre de tri de Bruxelles X.

M. Rudi Vervoort, ministre-président.- Selon moi, nous mélangeons plusieurs projets. Je me réfère uniquement au potentiel d’emploi du nouveau centre de tri de bpost sur l’ancien site Carcoke.

Bien entendu, nous pouvons faire le total sur l’ensemble de la Région. Je comprends que votre crainte soit la perte d’emplois.

 

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CRI COM (2014-2015) n°67, Mars 2015, pp. 16-22